Compère Général Soleil
Lettre à mes amis peintres
Les Arbres Musiciens
L'espace d'un cillement
Compère Général Soleil
Hilarius Hilarion, jeune nègre infortuné de Port-au-Prince, vole pour manger. La police l'attrape et le rosse. Il se retrouve en prison, où il fait la connaissance d'un militant communiste qui lui apprend que les maîtres américains privent les nègres de toutes les bonnes choses de la terre. À sa sortie de prison, Hilarion est communiste. Alexis, l'auteur de ce roman illuminé par la joie de vivre, est mort comme son héros Hilarion. Lui aussi a été assassiné.
Lettre à mes amis peintres
La « Lettre à mes amis peintres » de Jacques Stephen Alexis débroussaille toute une série de questions quisont des présupposés pour la création d'une peinture nationale dont l'enjeu est l'émancipation politique etsociale de notre peuple. Une tâche nécessaire est l'auto-organisation des peintres. Il montre en exemplel'expérience des peintres progressistes et socialistes mexicains qui, après la révolution de 1910, ont donné aumonde cette création picturale nouvelle, originale et révolutionnaire : la peintura mural (la peinture murale), lamatérialisation du nouveau réalisme mexicain symbolisé par des peintres connus mondialement comme DiegoRivera, David Alvaro Siqueiros, Clemente Orozco, Frida Kahlo, etc.PréfaceYves Dorestal.
Manifeste du Parti d'Entente populaire (PEP)
Le « Manifeste du PEP (Parti d’Entente Populaire) » est un texte politique majeur dû à la plume de Jacques Stephen Alexis. Il représente dans l’histoire du marxisme haïtien un document important dont la valeur équivaut à celle du premier texte programmatique et analytique fondateur du PCH (Parti Communiste Haïtien) qu’il continue et approfondit. Le jugement porté sur lui par Gérard Pierre-Charles n’a pas perdu de son actualité et mérite d’être reproduit ici comme démarche liminaire. Le « Manifeste du PEP » est également le document qui trace, de manière énergique et radicale, la ligne de démarcation entre le discours politique marxiste haïtien comme discours des classes populaires dominées et le discours politique des classes dominantes. Yves Dorestal
Le Marxisme seul guide possible de la révolution haïtienne
« Le marxisme, seul guide possible de la révolution haïtienne», est un texte central de toute la pensée politique de Jacques Stephen Alexis. Il est la clé pour tout : pour les œuvres littéraires puisqu'il est l'instrument d'explication des textes esthétiques, mais également des textes politiques dont il est le fondement théorique. Jacques Stephen Alexis fait sienne la position de Lénine: il ne peut pas exister de mouvement révolutionnaire sans théorie révolutionnaire. Il ne peut pas exister de théorie révolutionnaire sans un « marxisme vivant et créateur ». Yves Dorestalce qui est certain après tout, quel que soit ce que Jacques Stephen Alexis a vu pour son pays, c'est qu'aujourd'hui, comme en 1960, le pays a besoin d'un changement de cap radical. Et ici, l'intelligentsia de gauche progressiste non communiste a un rôle central à jouer : on ne peut pas parler de développement avec des têtes creuses, des individus impropres à penser l'avenir... Le développement n'est pas aussi simple, aussi ritualistique que la célébration d'une messe ou les performances scéniques d'un chanteur de charme... Cela demande beaucoup plus que ce charisme populiste de la soutane et du micro qui a fait trembler les masses analphabètes durant plus de trois décennies, entre 1990 et 2021. Jean-Robert Hérardon est ici loin de la fiction qui soutenait la trame des grands romans de Jacques Stephen Alexis, tels Compère Général Soleil, Les arbres musiciens, l'espace d'un cillement... La brillante imagination du célèbre romancier a cédé la place dans cet essai, Le marxisme, seul guide possible de la révolution haïtienne, à une approche rationnelle, scientifique, selon la terminologie marxiste de l'époque, qui a fait la part belle à l'analyse dialectique des rapports de contradictions dans la société haïtienne des années cinquante et plaidé pour une transformation radicale des conditions de vie du prolétariat ouvrier sous l'égide du Parti d'Entente Populaire qu'il a lui-même fondé. Malgré la différence de genres, d'approches et de ton, c'est, dans ce présent texte, la même passion (analytique, cette la même implication de soi, la même générosité qui ont prévalu, comme pour toutes les grandes causes, l'emportant, dans la force de l'âge, lourd de promesses encore sur le plan littéraire et - compte tenu de l'idéologie progressiste en vogue à l'époque - sur le plan politique. Mac-Ferl Morquette
Les Arbres Musiciens
Gonaïbo et Harmonise, la main dans la main, s'en vont parmi les arbres, empoignés par la vaste voix des conifères. Ils courent et s'emplissent au passage les mains de fraises des bois et de mûres juteuses. Ivres, ils s'enfoncent au plus épais de la forêt. Soudain, ils s'arrêtent écrasés par la merveille qui s'offre à leurs yeux.
L'espace d'un cillement
À Port-au-Prince, La Niña Estrellita, ravissante mulâtresse de vingt-six ans et prostituée, est la vedette du Sensation bar. Un jour, elle y rencontre, El Caucho, magnifique géant, courageux et droit, mulâtre comme elle. El Caucho et La Niña deviennent amoureux l'un l'autre au premier regard. Cet amour révélera La Niña à elle-même, ainsi que le mystère de ces deux êtres, celui de leur enfance commune à Cuba.