En quelques situations, Gary Victor dépeint notre société dans ses affres à travers le désormais célèbre Albert Buron. Le personnage traverse toutes les époques, hante et pourrit toutes les allées de nos cités sans jamais changer. La rédemption est hors de son horizon. La corruption pour lui est la règle et l'honnêteté l'exception à éradiquer. Si ce que fait et dit Albert Buron choquent, il a le mérite de nous emmener dans la pensée de ceux qui ont fait de notre pays ce qu'il est aujourd'hui. Cet espace appauvri, misérable parce que ravagé par une nuée d'Albert Buron. La grande question alors se pose : Peut-on s'en sortir ? La réponse est oui. À condition de combattre, de détruire cet Albert Buron que notre société fait vivre en chacun de nous.
Né à Port-au-Prince le 9 juillet 1958, Gary Victor est le fils du sociologue René Victor. Après des études d’agronomie, il a travaillé comme fonctionnaire entre autres au ministère de la Planification avant de devenir journaliste. De 1976 à 1983, Gary Victor publie des nouvelles dans le journal d'État, Le Nouveau Monde et, par la suite, dans le quotidien Le Nouvelliste, où il est chroniqueur de 1983 à 1990. Il a été rédacteur en chef jusqu’en juin 2004 du quotidien Le Matin. Gary Victor est également scénariste pour la télévision et la radio. Ses sketches radiophoniques au ton sans complaisance et son feuilleton télévisé sur les mœurs de la petite bourgeoisie haïtienne ne manque pas de faire quotidiennement les vagues sur les ondes. Il a été aussi secrétaire général du Sénat de la république d'Haïti de 1996 à 2000.