En ce temps de dictatures un peu partout en Amérique latine et Haïti n’y échappant malheureusement pas, de quoi pouvaient parler sans crainte un patron et son employé, deux quidams au hasard d’une rencontre dans un salon ou sur un siège de taxi ? Uniquement de foot ! Quel était notre seul motif de fierté à tous ? Notre équipe nationale.Les années ont fui. Nous avons dévalé bien des pentes, bu tant de calices. La saga de Philippe Vorbe et de ses coéquipiers nous restitue une part du meilleur de notre Histoire. Le foot est souvent accusé de détourner les peuples de sujets importants. Mais, il me semble trop important pour que d’autres thèmes nous en détournent. À travers lui palpitent nos rêves, nos rares succès tout comme surgissent nos vieux démons. Nous ne remercions jamais Philippe et ses camarades pour le bonheur, la fierté qu’ils ont su nous procurer. Merci pour ce legs d’ombres et de lumières. Qu’ils nous portent à méditer pour cesser enfin la répétition de nos erreurs, dégager la voie vers d’autres sommets.Michel Soukar
Né le 22 août 1955, Michel Soukar, est analyste politique, dramaturge. biographe, poète, historien, romancier, animateur d'émissions radio- phoniques sur l'histoire d'Haiti et sur celle d'autres pays, sur l'économie et la politique internationales. En 2000, Betty Williams : Prix Nobel de la Paix 1976, lui remit le Prix Travail et justice. En 2011, son roman Cora Geffrard obtint une mention spéciale de l'association des écrivains de langue française.