Sachez que la main qui brise uneliberté, brise une vertu. Voilà pourquoi toute âme honnête aime la liberté etc'est à cet amour que l'on juge la trempe d'un esprit. Comprenez-vous ? Jedoute fort. Ces pensées volent trop haut pour vous. L'homme qui sert ledespotisme est un valet, un bourreau. C'est votre cas. L'homme qui sert laliberté est un apôtre. La différence de nom indique la différence de l'action.Vous, vous mettez votre âme au service de la tyrannie, pour la conservation devotre charge comme s'il y avait honneur à assassiner froidement. Moi, je vaismourir pour avoir soutenu une cause juste, celle du citoyen patriote, pauvre ouaisé, artisan, paysan ou prolétaire, blanc, noir ou mulâtre. La gloire seule,m'entendez-vous, récompense l'apostolat du combat pour la justice et laliberté. Dans cette conviction, je puise courage et consolation. La postéritédira qui de nous deux a tort ou raison. (Le Sang du citoyen - extrait) Lemessage qui transparaît dans Le sang du citoyen est là ou le « travail de lamémoire » et le « devoir de mémoire » se conjuguent pour laver le sang descitoyens. C'est dans cette désobéissance-la, dans cette révolte citoyennecontre la déshumanisation. que réside l'espoir d'Haiti.
Józef Kwaterko - Préface
Né le 22 août 1955, Michel Soukar, est analyste politique, dramaturge. biographe, poète, historien, romancier, animateur d'émissions radio- phoniques sur l'histoire d'Haiti et sur celle d'autres pays, sur l'économie et la politique internationales. En 2000, Betty Williams : Prix Nobel de la Paix 1976, lui remit le Prix Travail et justice. En 2011, son roman Cora Geffrard obtint une mention spéciale de l'association des écrivains de langue française.