S’il y a une nécessité impérative de combattre la corruption étatique en Haïti, dans toutes ses composantes, comme en témoignent les colloques, séminaires, ouvrages, articles, ou conférences au sein des communautés scientifiques et politiques sur le sujet, plus de cent ans après le Procès de la Consolidation, c’est parce que la corruption, comme mécanisme d’accumulation des richesses, sape les fondements même du développement économique du pays et fragilise nos institutions déjà trop branlantes parce que mal gérées. Malgré tous les efforts qui se font, est-ce que les acteurs anti-corruption sont sincères et vraiment sensibles à son éradication ? Il nous faudrait des acteurs qui soient intègres et sur lesquels il n’y aurait aucun soupçon de corruption. Et, dans tous les cas de figure de ceux qui prônent la mise à mort des gouvernants précédents : de Préval à Privert, il y en a trop parmi eux qui sont eux-mêmes des corrompus, et cela donne aux investigations parlementaires une allure de cirque, presqu’une vendetta pour ne pas avoir eu les meilleurs morceaux pour un moment. Cela gêne de le constater, et c’est dommage que ces investigations commencent déjà à faire des victimes dans le camp du peuple, comme toujours. Le Parlement devrait donc être investigué aussi, car, en tant qu’instance de contrôle, comment ses responsables peuvent-ils n’avoir pas prêté attention aux dérives dites « gouvernementales » dans la dilapidation des fonds PetroCaribe. À moins qu’ils aient participé eux-mêmes aussi au pillage, comme les rumeurs de plus en plus amplifiées tendent à le faire croire.
Gary OLIUS a été spécialiste senior en Modernisation de l'État au sein de la Banque interaméricaine de développement, expert au Programme des Nations Unies pour le Développement et Consultant au Programme d'Éducation pour Tous (EPT) et au Projet Low Income Country Under Stress (LICUS) financés par la Banque mondiale. Il collabore actuellement avec l'agence Alterpresse dans l'analyse des conjonctures politiques et économiques d'Haiti. Entre autres, il a effectué - en Andalousie et à Madrid - des études de maîtrise et de doctorat en Économie et en Administration publique. Il a également suivi un programme de formation complémentaire en finances publiques au Kennedy School of Government de la Harvard University.