« Si l’ancienne province du Sud a offert souvent le spectacle des agitations politiques, des mouvements révolutionnaires (nous l’avons dit dans l’introduction), du moins les hommes qui composent sa population peuvent réclamer avec orgueil que c’est de leur sein que jaillirent les premières étincelles de la liberté. En 1789, c’est parmi les esclaves noirs de cette province que se révéla d’abord le désir des masses de parvenir à la jouissance de ce droit sacré de l’humanité : il y eut des mouvements séditieux parmi eux. En 1790, les hommes de couleur du Nord se levèrent à la voix d’Ogé et de Chavannes pour combattre les colons. Ce sont encore ceux du Sud qui, sous les ordres de Rigaud, remportèrent la première victoire contre leurs communs ennemis. En 1792, c’est également dans le Sud que 700 esclaves noirs parvenus à leur affranchissement, par leur propre énergie et sous l’égide de Rigaud, annoncent en quelque sorte à 500.000 autres de leurs frères que la liberté ne peut tarder à les émanciper comme eux-mêmes. Il y a donc dans l’esprit du Sud une puissance d’initiative incontestable. » Marcelin Jocelyn Haïti ne serait pas née sans la résistance des masses populaires. N’en déplaisent aux mânes de Dessalines, de Pétion, aux adulateurs des héros de l’histoire officielle. Michel Soukar
Né le 22 août 1955, Michel Soukar, est analyste politique, dramaturge. biographe, poète, historien, romancier, animateur d'émissions radio- phoniques sur l'histoire d'Haiti et sur celle d'autres pays, sur l'économie et la politique internationales. En 2000, Betty Williams : Prix Nobel de la Paix 1976, lui remit le Prix Travail et justice. En 2011, son roman Cora Geffrard obtint une mention spéciale de l'association des écrivains de langue française.