Dans l’Haïti d’hier, celle des plus de quarante ans, le vocable farine évoquait le pain, ou mieux encore, ces viennoiseries, et autres douceurs, telles que les promouvait une certaine : « Marie Claire » dont la maîtrise des fourneaux et la célébrité faisaient alors recette. La farine était ainsi une idée qui fait saliver… Vous dites aujourd’hui : farine, et tout le monde est sur le qui-vive ; le même mot faisant maintenant transpirer… Rien qu’à l’entendre, l’on s’inquiète, l’on s’épuise à savoir : qui y roulera qui… […] Nos esprits sont constamment placés face à de véritables travaux d’Hercule, consistant à dénouer cette nuée de complots qui peuplent nos délires. La paranoïa
Né à Port-au-Prince au cours des années 50, l’auteur a connu une adolescence passablement épanouie, dans la turbulence de cette Haïti des années 60, qui sera durablement marquée par la praxis et les pratiques de pouvoir d’un certain Duvalier. L’apaisement du climat sociopolitique du début des années 70 le retrouve armé de sa plume, s’essayant à la poésie plus ou moins engagée, et qui fut ses premiers pas dans l’écriture.